cette sale faute impardonnable.

Est-ce que c’est ma faute si j’aime ? Est-ce que c’est ma faute si je suis amoureuse ? Est-ce que c’est ma faute si je l’ai aimé plus que n’importe qui, si je me suis donnée à lui, si je n’ai plus su envisager ma vie sans lui ? Est-ce que c’est ma faute, nom de Dieu, est-ce que c’est ma faute et est-ce que c’est quelque chose qu’on peut me reprocher ?

Apparemment oui. Etre préoccupée de lui à chaque instant, c’est une faute. Penser à lui chaque nuit, c’est une faute. Attendre encore quelque chose de lui, c’est une faute. Lui donner encore quelque chose, c’est une faute. Mes appels, mes emails, sont devenus : du harcellement. Il y a deux mois, c’était des signes d’amour, aujourd’hui ça s’appelle du harcellement. Mon Dieu, mais quelle bêtise de l’avoir aimé. Puisqu’il n’en comprend plus rien aujourd’hui, puisqu’il nie et ignore mon amour, puisque je ne suis plus qu’une folle amoureuse dont il faudrait se débarrasser. Se débarrasser. Tuer l’amour.

Je n’en reviens pas, après chaque histoire d’amour, d’avoir été si proche de quelqu’un et de m’en trouver si vite éloignée. Nous nous comprenions parfaitement, nous avions une connaissance intime réciproque, nous avions révélé tant de choses. aujourd’hui, parler de la pluie et du beau temps, c’est déjà beaucoup trop. Aujourd’hui, je suis devenue une étrangère. Une fille qui ne mérite même pas de réponse. Une fille qu’on peut ignorer à son gré. Une fille forcément vicieuse, stratège, une fille qui ne fait rien sans avoir en tête l’idée de le “récupérer”. Je fais tous les efforts du monde pour aller mieux, pour espacer la communication, pour ne plus parler du passé, pour assurer simplement une présence douce et alliée – c’est déjà trop. Il n’y a plus qu’une étape après ça. Le silence. Le grand silence. Je ne suis pas une alliée, je ne suis pas une amie, je ne suis digne ni de respect, ni de considération ? D’accord. Je me souhaite bien du courage pour retrouver de moi-même une image positive, valorisante, pour croire que je pourrai encore apporter quelque chose à quelqu’un. Actuellement, je ne suis qu’une fille sans intérêt incapable de se contrôler. Une fille, même plus une femme.

~ par aglae le 22 octobre 2007.

2 Réponses to “cette sale faute impardonnable.”

  1. bon : une fille et une femme c’est pareil. et un garçon et un homme c’est pareil aussi. et être une fille ou un homme ou un garçon ou une femme : c’est tout aussi difficile, compliqué, laborieux, éprouvant, incompréhensible et délirant, bref pour résumer c’est pas toujours franchement drôle d’être *vivant*.

    le hasard de la biologie ou la question du genre ne doit PAS être relié à un déterminisme de la douleur ou de la domination. on construit notre genre-fille-femme : construisons le sans nous exciser nous mêmes !

    la douleur c’est une chose : pas la peine pour autant de tomber dans des clichés qui ne font aucunement honneur à ton intelligence…

    vis ta douleur, mais ne la vis pas au détriment de ton intelligence, de ton exigeance ou de ton indépendance d’esprit. je ne vais pas te dire “qu’il n’en vaut pas la peine”, parce qu’il en vaut certainement la douleur, mais ça n’a rien à voir avec lui tout ça, ça a à voir avec TOI. même au summum de l’amour fou ce qui tu vis a moins à voir avec l’autre qu’avec toi-même (ce qui n’est pas une démonstration d’égo, mais de bon sens !)…

    il reste précieux ? ok, mais tu restes précieuse aussi. pourquoi associer la dévalorisation à la douleur, ou la colère à la douleur ? (je sais exactement pourquoi, mais il faut aussi passer au-delà).et puis ce journal comme exutoire c’est très bien, mais comme lieu d’auto-destruction, non ; et c’est là la seule beauté du blog/journal en ligne ouvert aux yeux de tous et qui permet de se faire engueuler copieusement par ta très dévouée O qui est une louve et qui veille !

    alors à vite et le plus sereinement possible.

    O.

  2. O,

    Je ne me suis pas inscrite, au travers de ce texte ou des quelques derniers, dans la question du genre ! Je n’ai pas dit que la douleur était liée à ma féminité ! Nous étions deux, nous étions ensemble, et l’un a abandonné l’autre : ç’aurait pu tout à fait être le contraire et lui aurait traversé ce que je suis en train de vivre. Je n’ai en tout cas jamais voulu dire que j’étais de façon stéréotypée la femme abandonnée qu’il a lâchement quittée. Le fait est que les choses se sont passées d’une certaine façon, et que je suis plongée aujourd’hui dans la tristesse, la douleur et la colère. L’auto-dévalorisation aussi, bien sûr, et tu sais pourquoi : j’ai été amoureuse, je me suis donnée, il y avait un champ de possibles infini devant nous, et ça n’a pas suffi pour lui donner le courage d’accepter à 19 ans l’amour fou. Alors non, je ne me sens pas à la hauteur, je voudrais comprendre pourquoi la relation a échoué si tôt, et je ne sais pas si un homme sera jamais heureux avec moi. Je sais que c’est idiot O, je sais que je ne dois pas réfléchir comme ça – j’en suis là pour le moment, et j’arriverai bientôt à sortir de ça. Je veux juste le temps de ma rupture, de m’extirper progressivement de la douleur.

    Et pour fille/femme : je dis “fille” parce que je n’ai aucun désir dans le ventre. Parce que les garçons ne m’attirent pas. Je voulais parler d’une petite fille, d’une jeune fille, qui ne connaît pas encore le désir dans son ventre. Peut-être que ça aurait été plus intelligent de dire simplement que j’étais une femme qui n’aime plus qu’un seul homme absent, et qui n’en regarde plus un seul autre.

    A très vite.

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